Prendre la parole en public : et si vous passiez de l’enjeu au jeu ?
« Je crois que c’est peut-être ce que je retiendrai le plus : passer de l’enjeu au jeu. » C’est ce qu’une participante m’a dit à la fin d’un stage de prise de parole en public.
Et cette réflexion m’a particulièrement intéressée.
Parce qu’en quelques mots, elle résume une difficulté que je rencontre régulièrement chez les personnes que j’accompagne.
À force de vouloir réussir leur prise de parole, elles finissent parfois par oublier le plaisir de communiquer.
Elles connaissent leur sujet. Elles ont préparé leur intervention. Elles savent ce qu’elles souhaitent transmettre. Mais au moment de parler devant les autres, quelque chose change.
L’enjeu prend toute la place. Alors, comment retrouver un peu de liberté ?
Et si nous commencions par changer notre manière d’aborder la prise de parole ?
Quand l’enjeu devient plus important que le message
- Présenter un projet devant votre direction.
- Intervenir pendant une réunion.
- Défendre une idée.
- Prendre la parole devant des collègues ou des inconnus.
Vous voulez naturellement bien faire.
Mais très vite, d’autres préoccupations peuvent apparaître :
- Est-ce que je vais être convaincant ?
- Et si je perds mes mots ?
- Et si quelqu’un me pose une question à laquelle je ne sais pas répondre ?
- Et si je ne suis pas à la hauteur ?
Progressivement, votre attention se déplace.
Vous ne pensez plus seulement à ce que vous voulez communiquer.
Vous pensez à vous-même, à votre performance, à l’impression que vous allez donner.
Et plus vous cherchez à tout contrôler, plus votre corps peut se tendre, votre respiration se bloquer et votre voix perdre de sa liberté.
Passer de l’enjeu au jeu ne signifie pas prendre les choses à la légère
C’est une distinction essentielle. Il ne s’agit pas de considérer qu’une présentation professionnelle, une conférence ou un entretien n’ont aucune importance. Certains moments sont déterminants. Ils demandent de la préparation, de la rigueur et parfois beaucoup de précision. Mais prendre une situation au sérieux ne signifie pas nécessairement se prendre soi-même terriblement au sérieux.
- On peut être parfaitement préparé et conserver de la souplesse.
- On peut vouloir convaincre sans chercher à contrôler chaque réaction de son public.
- On peut défendre une idée importante tout en acceptant une hésitation, un silence ou une question inattendue.
Passer de l’enjeu au jeu, c’est finalement diminuer la pression que l’on se met pour devenir plus disponible à ce que l’on a à dire et aux personnes auxquelles on s’adresse.
Et si vous retrouviez votre curiosité ?
Regardez ce qui se passe lorsque des personnes jouent :
- Elles expérimentent.
- Elles essaient quelque chose.
- Elles observent ce qui fonctionne.
- Elles recommencent autrement.
- Elles ne connaissent pas toujours le résultat à l’avance.
- Et pourtant, elles continuent.
C’est cette disponibilité que j’aime retrouver dans le travail de prise de parole.
Au lieu de penser : « Il faut absolument que je réussisse. »
On peut commencer à se demander :
- « Comment pourrais-je transmettre cette idée ? »
- « Et si j’essayais de faire une pause ? »
- « Que se passerait-il si je regardais réellement les personnes devant moi ? »
- « Comment pourrais-je raconter cela autrement ? »
La situation n’a pas changé. Mais notre manière de l’aborder, oui. Nous ne sommes plus uniquement occupés à éviter l’erreur. Nous redevenons curieux de ce qui peut se passer.
Le corps aussi peut passer de l’enjeu au jeu
Lorsqu’on se sent évalué, le corps réagit parfois avant même que l’on ait prononcé un mot.
- Les épaules se soulèvent.
- La respiration devient courte.
- La mâchoire se crispe.
- Les gestes se figent ou s’accélèrent.
- La voix peut monter, trembler ou perdre de sa portée.
- C’est pour cela que, dans mes stages, je travaille beaucoup sur le corps.
- La respiration.
- Le relâchement.
- Les appuis.
- La posture.
- La voix.
- Le regard.
Pas pour apprendre à adopter une posture artificielle d’orateur.
Mais pour retrouver suffisamment de disponibilité corporelle afin que la parole puisse circuler plus librement.
Parfois, il suffit de modifier un appui, de laisser un silence ou de prendre le temps de regarder quelqu’un pour ressentir une différence.
Et cette différence, il est bien plus intéressant de l’expérimenter que de simplement en entendre parler.
L’improvisation : apprendre à ne pas tout contrôler
L’improvisation occupe une place importante dans ma manière de travailler.
Elle peut d’ailleurs inquiéter certaines personnes. « Mais si je n’ai aucune idée ? » « Si je ne trouve rien à dire ? » « Si je me trompe ? »
Justement. L’improvisation nous apprend à faire avec ce qui se présente.
- À écouter.
- À rebondir.
- À accepter de ne pas tout prévoir.
- Et parfois, à découvrir que ce que l’on considérait comme une erreur peut devenir une occasion de poursuivre autrement.
Cela ne signifie pas qu’il faille improviser toutes ses interventions professionnelles.
Une bonne préparation reste essentielle. Mais elle peut devenir un appui plutôt qu’une prison.
Lorsque l’on a suffisamment travaillé son message, on peut progressivement apprendre à quitter ses notes des yeux, regarder son public, reformuler, répondre, ajuster.
On cesse de réciter pour commencer à communiquer.
Et si l’erreur n’était plus une catastrophe ?
- Une phrase maladroite.
- Un mot oublié.
- Une hésitation.
- Un silence un peu plus long que prévu.
Pour certaines personnes, ces petits événements prennent immédiatement des proportions considérables. Elles ont l’impression d’avoir raté leur intervention.
Pourtant, le public ne les perçoit pas nécessairement de cette manière. Et surtout, une hésitation n'empêche pas de reprendre le fil de son discours.
C’est l’une des choses que nous expérimentons pendant les exercices :
- On essaie.
- On se trompe parfois.
- On recommence.
Et l’on découvre qu’il est possible de continuer à parler sans avoir été parfait.
L’humour et l’autodérision peuvent également aider à prendre cette distance. Non pas en transformant chaque intervention en spectacle comique, mais en acceptant de ne pas être constamment impeccable.
Quand on cesse de vouloir briller, on peut enfin rencontrer son public
C’est peut-être la dimension que je trouve la plus intéressante.
Lorsque nous sommes entièrement préoccupés par notre performance, nous risquons de perdre de vue les personnes auxquelles nous parlons.
Nous cherchons à faire bonne impression.
À paraître compétents.
À être convaincants.
Mais nous oublions parfois de regarder, d’écouter et d'entrer véritablement en relation.
Or, une prise de parole n’est pas seulement une performance individuelle.
C’est une rencontre.
Il y a quelqu’un qui parle.
Et d’autres personnes qui écoutent, réagissent, s’interrogent, comprennent ou ne comprennent pas encore.
À partir du moment où l’on s’intéresse réellement à cette relation, quelque chose peut changer.
On ne cherche plus uniquement à être bon.
On cherche à être compris.
À partager une idée.
À transmettre quelque chose qui compte.
Et paradoxalement, c’est souvent à ce moment-là que la parole devient plus vivante et plus convaincante.
Comment expérimenter ce passage de l’enjeu au jeu ?
On pourrait croire qu’il suffit de se répéter :
« Ce n’est pas grave, détends-toi ! »
Mais les choses sont rarement aussi simples.
C’est pourquoi je privilégie la pratique.
Pendant mes stages de prise de parole en public à Bruxelles, les participants expérimentent différentes situations.
- Ils prennent la parole devant les autres.
- Ils travaillent leur respiration, leur voix, leur posture et leur regard.
- Ils apprennent à structurer un message.
- Ils découvrent comment utiliser les silences.
- Ils improvisent.
- Ils observent ce qui change lorsqu’ils abordent une même situation avec une intention différente.
- Et surtout, ils peuvent recommencer.
Une première fois avec beaucoup de pression.
Puis une deuxième en essayant simplement de communiquer quelque chose.
Parfois, la différence est étonnante.
Non parce que toutes les difficultés ont disparu, mais parce que la personne ne se trouve plus exactement dans le même rapport à sa prise de parole.
Elle a découvert une autre possibilité.
Et c’est déjà précieux.
Prochain stage de prise de parole en public à Bruxelles : 14 et 15 novembre 2026
Vous avez envie de prendre la parole avec davantage d’aisance, de présence et de liberté ?
Vous souhaitez apprendre à mieux gérer votre trac, poser votre voix, structurer vos idées et vous sentir plus à l’aise devant les autres ?
Je propose un nouveau stage de prise de parole en public les samedi 14 et dimanche 15 novembre 2026 à Bruxelles.
Deux demi-journées, soit 6 heures de pratique en petit groupe, pour expérimenter concrètement et découvrir de nouvelles façons de prendre la parole.
Tarif : 175 € (215 € avec facture).
Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà suivi une formation.
Vous pouvez venir avec vos hésitations, vos appréhensions, vos expériences et surtout votre envie de progresser.
Pour mieux comprendre le déroulement de ces stages
Et si vous souhaitez préparer une situation professionnelle précise — une présentation, un entretien, une réunion ou une intervention — un coaching individuel peut également être envisagé.
Et si, la prochaine fois, vous essayiez simplement de jouer ?
Avant votre prochaine prise de parole, posez-vous une question.
Non pas seulement :
« Comment vais-je faire pour réussir ? »
Mais aussi :
« Qu’est-ce que j’ai envie de partager avec ces personnes ? »
- Vous aurez toujours besoin de préparer votre intervention.
- Vous ressentirez peut-être encore du trac.
- Vous aurez probablement toujours envie de bien faire.
Mais vous pourrez commencer à laisser un peu plus de place à la curiosité, à la spontanéité et au plaisir de communiquer.
Et peut-être découvrirez-vous, comme cette participante à mon stage, qu’il existe une autre manière de vivre la prise de parole :
Moins comme un enjeu qui pèse sur vos épaules. Davantage comme un jeu dans lequel vous pouvez enfin prendre votre place.

